L’IRM sclérose en plaques représente aujourd’hui l’examen de référence pour diagnostiquer et suivre cette maladie inflammatoire complexe du système nerveux central. Avec une sensibilité dépassant 90 %, cette technique d’imagerie non invasive permet de visualiser les lésions caractéristiques, d’évaluer leur évolution et d’orienter les décisions thérapeutiques. Comprendre son rôle et son interprétation devient essentiel pour toute personne confrontée à cette pathologie.
Qu’est-ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central, principalement le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques. Dans cette pathologie, le système immunitaire attaque par erreur la myéline, cette gaine protectrice qui enveloppe les fibres nerveuses et permet la transmission rapide des signaux électriques.
Cette destruction progressive de la myéline, appelée démyélinisation multifocale, perturbe la communication entre le cerveau et le reste du corps. Les symptômes varient considérablement d’une personne à l’autre selon les zones touchées : troubles de la vision, fatigue intense, problèmes d’équilibre, faiblesse musculaire ou encore troubles sensitifs.
La SEP se manifeste généralement entre 20 et 40 ans, avec une prédominance féminine. Son évolution demeure imprévisible, alternant souvent entre phases de poussées (apparition ou aggravation de symptômes) et périodes de rémission. L’inflammation chronique finit par créer des lésions permanentes appelées « plaques », d’où le nom de la maladie.
Le rôle central de l’irm dans le diagnostic de la sep

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) s’impose comme l’outil diagnostique incontournable de la sclérose en plaques. Cet examen offre une sensibilité supérieure à 90 % pour détecter les lésions cérébrales caractéristiques de la maladie, surpassant largement tous les autres moyens d’investigation.
L’IRM permet de visualiser simultanément deux aspects cruciaux pour confirmer le diagnostic : la dissémination spatiale des lésions (leur présence dans différentes régions du système nerveux) et leur dissémination temporelle (leur apparition à des moments différents). Cette double démonstration constitue le fondement des critères diagnostiques modernes.
Au-delà du diagnostic initial, l’IRM joue un rôle déterminant pour éliminer d’autres pathologies pouvant présenter des symptômes similaires : tumeurs, infections, maladies vasculaires ou autres affections démyélinisantes. Cette fonction d’exclusion reste tout aussi importante que la détection des plaques elles-mêmes.
Que voit-on à l’irm lors d’une sclérose en plaques ?
Les plaques de démyélinisation apparaissent sur les images IRM sous forme d’anomalies de signal dans des zones anatomiques typiques. Selon les séquences utilisées, ces lésions se présentent comme des hypersignaux (zones blanches, plus lumineuses) ou des hyposignaux (zones noires, plus sombres).
Les localisations caractéristiques incluent les régions périventriculaires (autour des ventricules cérébraux), les zones juxtacorticales et corticales (près ou dans le cortex cérébral), les structures infratentorielles (cervelet, tronc cérébral), la moelle épinière et les nerfs optiques. Cette distribution particulière aide à différencier la SEP d’autres maladies.
Les plaques présentent souvent une forme ovale et s’orientent perpendiculairement aux ventricules, appelées doigts de Dawson. Leur taille varie de quelques millimètres à plus d’un centimètre. Certaines lésions récentes montrent des signes d’inflammation active, tandis que d’autres, plus anciennes, témoignent de cicatrices définitives.
Les différentes séquences irm utilisées
Les séquences T2 et FLAIR constituent la base de l’examen pour la sclérose en plaques. Elles révèlent le nombre total de lésions sous forme d’hypersignaux brillants, offrant une vue d’ensemble de la charge lésionnelle accumulée au fil du temps. La séquence FLAIR supprime le signal du liquide céphalorachidien, améliorant la détection des plaques périventriculaires.
La séquence T1 après injection de gadolinium joue un rôle différent mais complémentaire. Elle met en évidence les lésions en phase inflammatoire active : ces plaques récentes « prennent le contraste » et apparaissent rehaussées sur les images. Ce marqueur d’activité guide les décisions thérapeutiques.
D’autres séquences spécialisées complètent parfois l’exploration : le T1 sans injection identifie les « trous noirs » (zones d’atrophie sévère), tandis que certaines techniques avancées détectent le signe de la veine centrale ou les lésions à anneau paramagnétique, biomarqueurs de plus en plus intégrés aux critères diagnostiques modernes.
Les critères diagnostiques de mcdonald et l’irm
Les critères de McDonald, régulièrement révisés (dernière version en 2024), définissent les standards internationaux pour diagnostiquer la sclérose en plaques. L’IRM y occupe une place centrale en permettant d’objectiver les deux piliers du diagnostic : la dissémination dans l’espace et dans le temps.
Ces critères visent à accélérer le diagnostic précoce tout en maintenant une excellente spécificité. Ils intègrent désormais de nouveaux biomarqueurs IRM comme le signe de la veine centrale, les lésions à anneau paramagnétique et l’atteinte du nerf optique, renforçant la précision diagnostique. L’ajout des chaînes légères kappa dans le liquide céphalorachidien complète cette approche.
La dissémination spatiale (dis)
La dissémination spatiale (DIS) démontre que les lésions affectent plusieurs régions distinctes du système nerveux central. Les critères de McDonald 2024 exigent la présence de plaques dans au moins 2 des 5 topographies caractéristiques suivantes :
- Région périventriculaire (zones entourant les ventricules cérébraux)
- Zone juxtacorticale ou corticale (substance blanche près du cortex ou cortex lui-même)
- Région infratentorielle (cervelet, tronc cérébral)
- Moelle épinière
- Nerf optique
Cette répartition multifocale constitue une signature typique de la SEP et aide à l’écarter d’autres pathologies où les lésions suivent des distributions différentes. Une seule IRM réalisée au moment des premiers symptômes peut suffire à documenter cette dissémination spatiale.
La dissémination temporelle (dit)
La dissémination temporelle (DIT) prouve que la maladie évolue de manière récurrente, avec des lésions apparues à différents moments. L’IRM peut démontrer ce critère de deux façons principales :
La coexistence sur une même IRM de lésions rehaussées après injection de gadolinium (inflammation active récente) et de lésions non rehaussées (plaques anciennes) suffit à établir la dissémination temporelle. Cette observation évite d’attendre une deuxième poussée clinique.
Alternativement, l’apparition de nouvelles lésions (en T2/FLAIR) ou de nouvelles prises de contraste lors d’un contrôle IRM ultérieur confirme également la DIT. Le délai entre les deux examens n’est pas fixe, mais un intervalle de quelques mois reste habituel dans la pratique.
Comment se déroule une irm pour la sclérose en plaques ?
L’IRM pour sclérose en plaques se réalise en position allongée (décubitus) à l’intérieur d’un tunnel équipé d’aimants puissants. L’examen ne nécessite aucune préparation particulière dans la majorité des cas, sauf en présence d’implants métalliques ou de claustrophobie nécessitant parfois une prémédication.
L’imagerie de l’encéphale dure généralement 30 à 45 minutes, parfois prolongée si l’exploration inclut la moelle épinière. Le patient doit rester immobile pour garantir la qualité des images. Le bruit caractéristique de la machine (claquements répétés) peut surprendre : des protections auditives sont systématiquement proposées.
L’injection de gadolinium par voie intraveineuse intervient à mi-parcours de l’examen. Ce produit de contraste, généralement bien toléré, permet de révéler les plaques inflammatoires actives. Les contre-indications restent rares, concernant essentiellement l’insuffisance rénale sévère et certaines allergies.
Une particularité importante : il est fortement recommandé de réaliser les IRM de suivi dans le même centre, idéalement sur la même machine. Cette continuité facilite grandement la comparaison des images successives et améliore la détection de nouvelles lésions, même minimes.
L’irm dans le suivi et l’évaluation de l’évolution de la maladie
Au-delà du diagnostic initial, l’IRM de suivi devient un outil indispensable pour surveiller l’activité de la sclérose en plaques et évaluer l’efficacité des traitements. Ces contrôles réguliers détectent les signes de progression, même en l’absence de nouveaux symptômes cliniques.
L’apparition de nouvelles lésions en T2/FLAIR ou de prises de contraste inédites signale une activité inflammatoire persistante. Ces découvertes, parfois totalement asymptomatiques, peuvent justifier une adaptation thérapeutique avant que des dommages irréversibles ne s’accumulent. On parle alors d’activité infraclinique de la maladie.
La fréquence des IRM varie selon le profil évolutif : souvent annuelle chez les patients stables sous traitement, elle peut être rapprochée à 3-6 mois lors de l’instauration d’un nouveau traitement ou en cas d’activité clinique suspecte. Cette surveillance permet de détecter précocement une échappement thérapeutique.
L’IRM évalue également l’atrophie cérébrale progressive, marqueur de neurodégénérescence qui reflète l’accumulation du handicap à long terme. Bien que plus difficile à quantifier que le comptage lésionnel, cette mesure gagne en importance pour affiner le pronostic et guider les stratégies de neuroprotection.
Questions fréquemment posées
Quelle est la sensibilité de l’irm pour diagnostiquer la sclérose en plaques ?
L’IRM présente une sensibilité supérieure à 90 % pour détecter les lésions cérébrales caractéristiques de la sclérose en plaques, ce qui en fait l’examen de référence incontournable pour le diagnostic et le suivi de cette maladie inflammatoire du système nerveux central.
Qu’est-ce que la dissémination spatiale en irm sclérose en plaques ?
La dissémination spatiale démontre la présence de lésions dans au moins 2 des 5 régions caractéristiques : périventriculaire, juxtacorticale/corticale, infratentorielle, moelle épinière et nerf optique. Cette répartition multifocale constitue une signature typique de la SEP.
Pourquoi injecte-t-on du gadolinium lors d’une irm pour la sep ?
L’injection de gadolinium permet de révéler les plaques inflammatoires en phase active récente. Ces lésions prennent le contraste et apparaissent rehaussées sur les images, permettant d’évaluer l’activité de la maladie et de guider les décisions thérapeutiques.
Combien de temps dure une irm pour sclérose en plaques ?
Une IRM de l’encéphale pour la sclérose en plaques dure généralement entre 30 et 45 minutes. Ce délai peut être prolongé si l’exploration inclut également la moelle épinière. Le patient doit rester immobile durant l’examen.
Peut-on avoir une sclérose en plaques avec une irm normale ?
Bien que rare, il est possible d’avoir une SEP débutante avec une IRM initialement normale, notamment lors de formes très précoces ou à prédominance médullaire. Cependant, avec une sensibilité supérieure à 90 %, l’IRM détecte la grande majorité des cas.
À quelle fréquence doit-on répéter l’irm en cas de sclérose en plaques ?
La fréquence des IRM de suivi varie selon le profil du patient : généralement annuelle chez les patients stables sous traitement, elle peut être rapprochée à 3-6 mois lors d’un nouveau traitement ou en cas d’activité clinique suspecte.











